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En connaissance de cause
CHRISTOPHE TERLINDEN invité par EMMANUEL LAMBION
Christophe Terlinden aime le plat, l’horizontal, le concept universel et démocratique, le geste et la réflexion simples et minimaux pour des propositions efficaces, ouvertes et égalitaires.
Pour cette exposition au bonheur Christophe revisite des gestes simples, instinctifs et presque fortuits qu’il avait enfant: il les reproduit pour le Bonheur, en connaissance de cause..
CHRISTOPHE TERLINDEN, uitgenodigd door EMMANUEL LAMBION, houdt van het vlakke, het horizontale, van het universele en democratische principe, van het gebaar en de eenvoudige, minimale reflectie en is voorstander van doeltreffende, open en gelijke voorstellen
CHRISTOPHE TERLINDEN aime le plat, l’horizontal, la mise à niveau démocratique, le geste et la réflexion simples et minimaux pour des propositions ouvertes.
Il fait donc une montagne… en connaissance de cause.
En connaissance de cause, car, pour cette présentation au Bonheur dans le cadre de HAPPY X (n), il s’agissait de reproduire avec l’oeil, la main et la vision de l’adulte des gestes, des objets, un univers qui lui étaient familiers enfant.
Ce sera donc une montagne de papier mâché, trouée d’un tunnel, réalisée à hauteur d’appui, hauteur de chaise, à défaut d’être réalisée à l’échelle de l’espace public dans le paysage urbain. Un montagne qui a dévalé la pente, en rue, depuis l’atelier de l’artiste à Saint-Josse jusque vers la rue Dansaert, avant de se retrouver dans l’espace d’exposition du Bonheur.
Les lés de papier utilisés pour la montagne ont aussi servi de base à l’éditon de multiples preséntée dans la sculpture-distributeur à front de rue, à l’entrée de l’épicerie audio-visuelle: 200 capsules à 1 euro, de ces capsules qui attisaient notre convoitise d’enfant, et réservent au passant qui s’arrête la surprise de découvrir des dessins de montagne, tous uniques, singuliers. Car, on s’en doute, une montagne, pas plus qu’un homme, n’est jamais l’autre.
Le dessin est froissé dans sa capsule de plastique: il faut ouvrir la boule, déplier le papier pour découvrir, avec l’expectative et le plaisir anticipés de la surprise réservée, “sa” montagne.
Chacun sa montagne.
Chaque dessin au stylo noir à la simplicité du trait de Christophe Terlinden, et on se prend à comparer avec étonnement la richesse expressive de ces formes stylisées. Le relief induit par le défroissement du papier confère au dessin une tridimensionnalité accidentée en accord littéral avec le sujet, et lui donne corps, matière, lumière et vie.
L’air de rien, mais en connaissance de cause sans doute, ces petits dessins donnent une réponse synthétique, légère, amusante mais radicale à une dialectique essentielle de notre tradition esthétique: corps contre esprit, trait contre matière, dessin contre peinture.
En connaissance de cause aussi, l’artiste a punaisé dans l’espace où se trouve l’installation sculpturale de papier mâché trois dessins de format plus conséquent, non plissés, mais en tous points, stylistiques et esthétiques, semblables à ceux du distributeur..Ceux-là, à la fois revendication, affirmation critique et questionnement de l’arbitraire du système, ont donc droit à une présentation et à une valorisation d’oeuvre d’art suivant les canons courants.
L’air des montagnes, c’est bien connu, fait réfléchir.
Berg af, comme on dit à Bruxelles, dévalons la pente vers le bas de la ville et allons trouver le/notre Bonheur devant la/notre montagne…
Emmanuel Lambion |